Recenser les espèces marines en Antarctique

Montpellier : un étudiant en biologie part recenser les espèces marines en Antarctique

Nacim Guellati, 22 ans, part en expédition avec Greenpeace, du 5 janvier au 13 février.

Il est en troisième année de licence “Écologie et biologie des organismes” (EBO) à la fac de sciences de Montpellier et a été choisi par l’Unité mixte de recherche Marbec, l’un des plus importants laboratoires travaillant sur la biodiversité marine en France, pour participer à une expédition de Greenpeace en Antarctique.

MIDI LIBRE ERIC CATARINA

À bord de l’Artic Sunrise, Nacim Guellati a été désigné comme responsable ADN environnemental de la dernière étape de la grande expédition de Greenpeace reliant le pôle Nord au pôle Sud en un an. Objectif de la mission : mettre en lumière les menaces qui pèsent sur les océans et appeler à la création d’un traité international pour les protéger.

Planète bleue « en alerte rouge »

L’organisation non gouvernementale a lancé l’expédition “Pole to pole” afin de demander la mise en place d’un réseau de réserves marines qui couvrirait au moins un tiers des océans d’ici à 2030. Pendant un an, le bateau de Greenpeace Artic Sunrise a fait escale dans de nombreuses régions qui, d’après le rapport scientifique “Comment protéger 30 % des océans d’ici à 2030”, doivent être « impérativement protégées ». « Notre Planète bleue est en alerte rouge, s’est alarmée la chargée de campagne “Océans” pour Greenpeace, dans un communiqué. L’aide des scientifiques sera précieuse pour comprendre les bouleversements que subissent nos océans et leurs écosystèmes, mais aussi pour savoir comment agir. »

Pendant ces sept semaines en Antarctique, Nacim va procéder à des filtrages d’eau, quatre ou cinq heures par jour, à bord d’un canoë pneumatique. Les filtres seront ensuite analysés par les chercheurs de Marbec et de SpyGen, société pionnière dans le domaine des analyses d’ADN environnemental, installée sur le campus de l’université. « L’hypothèse est que de nouvelles espèces viennent trouver refuge en Antarctique à cause du réchauffement climatique, explique Nacim Guellati. Nous verrons si elle est confirmée par les analyses.« 

Ce nouveau comportement migrateur serait observé chez les mammifères marins – phoques, baleines, dauphins – et plusieurs espèces de poissons. « C’est la première fois que je vais avoir d’aussi grosses responsabilités« , confie l’étudiant en biologie.

Originaire d’Algérie, venu à Montpellier il y a trois ans pour ses études, Nacim est adepte des sensations extrêmes et possède une « résistance physique nécessaire pour participer à ce type de mission« , selon les mots de son maître de stage, David Mouillot, que l’on peut lire sur le site de l’université.

Son profil d’aventurier et sa maîtrise des techniques relatives à l’ADN environnemental lui ont déjà permis de participer à la mission Gombessa V, initiée par Laurent Ballesta en Méditerranée, l’été dernier.

À quelques jours du départ, sa chambre remplie du matériel qu’il va emporter, Nacim est impatient de vivre « l’une des plus grandes expériences de (s)a vie«  et de jouer un rôle, en tant que scientifique, pour sensibiliser au réchauffement climatique.

 

 

LAURIE ZENON